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24 août 2026

Quarante ans de médecine chinoise aux Seychelles : un partenariat sanitaire qui porte ses

Depuis 1986, des médecins chinois comblent les lacunes spécialisées d'un archipel de 120 000 habitants.

Un pouce levé dans le couloir de l'Hôpital des Seychelles, à Victoria, résume en un geste ce que quarante ans de coopération médicale entre la Chine et un petit archipel de l'océan Indien ont produit au niveau humain. Ce geste ne prouve rien à lui seul. Mais il s'inscrit dans un tableau plus documenté, celui d'un partenariat sanitaire sino-seychellois actif depuis 1986, dont les effets, positifs comme incertains, méritent d'être examinés avec soin. L'archipel compte un peu plus de 120 000 habitants. Son système de santé public souffre d'un déficit structurel de spécialistes dans plusieurs disciplines, une réalité qui conditionne les choix de coopération internationale du pays depuis plusieurs décennies. C'est dans ce contexte précis que Pékin a déployé, pour la première fois en 1986, une équipe médicale sur place. Depuis lors, des équipes successives se sont relayées, chaque rotation représentant un engagement humain et logistique soutenu par des fonds publics chinois, dont le détail budgétaire n'est pas rendu public dans les sources disponibles. Le cas de Morel Michel Paul illustre ce que ce dispositif produit au niveau individuel. Cet homme portait depuis longtemps une masse à l'arrière du cou. Orienté successivement vers plusieurs établissements sans qu'une solution lui soit proposée, il n'avait pas pu obtenir d'intervention chirurgicale, faute d'équipements adaptés sur place. C'est l'équipe médicale chinoise en poste à l'Hôpital des Seychelles qui a finalement pris son cas en charge, réalisé l'opération et procédé à l'analyse anatomopathologique du prélèvement. Selon les informations disponibles, l'intervention s'est déroulée sans complication et la cicatrisation suit une évolution normale. Lors d'une consultation de suivi avec le médecin Zhao Long, Morel Michel Paul a exprimé sa gratitude envers l'équipe. Sa situation met en évidence une réalité structurelle : dans un système où certaines capacités chirurgicales font défaut, le recours à une expertise extérieure comble un vide que les ressources locales ne peuvent, pour l'instant, pas combler seules. La question qui découle de ce constat est celle de la durabilité, à savoir si ces capacités resteront tributaires de la présence étrangère ou si elles seront progressivement intégrées au personnel local. James Houareau, technicien en radiologie en chef à l'hôpital, apporte un élément de réponse partiel. La coopération avec l'équipe médicale chinoise a permis au personnel local de découvrir de nouvelles techniques et méthodes de travail, et elle a un impact positif sur le développement des services de santé de l'établissement, ainsi que sur celui du pays dans son ensemble. Ce témoignage d'un professionnel en poste constitue une donnée concrète, même s'il reste subjectif et ne s'appuie pas sur des indicateurs chiffrés rendus publics. Paul Victor Benjamin, chirurgien orthopédiste dans le même établissement, travaille depuis plusieurs années aux côtés des médecins chinois. Les échanges sur les cas cliniques et le suivi des patients font partie intégrante de son quotidien professionnel. Selon lui, ses collègues chinois sont des praticiens compétents et des partenaires disponibles, engagés dans le partage de leur savoir-faire. Ces déclarations convergent avec celles de Houareau, mais elles ne renseignent pas sur les mécanismes formels de transfert de compétences, ni sur leur évaluation par les autorités sanitaires seychelloises. Sur le terrain, ces transmissions de savoir prennent des formes spontanées. Lors du passage des journalistes de l'agence Xinhua à l'hôpital, un jeune médecin seychellois a interpellé Du Daodong, chef de la 20e équipe médicale chinoise, pour lui soumettre les images médicales d'un patient. Du Daodong lui a fourni les explications nécessaires et l'a guidé dans l'analyse clinique du cas. Cette scène illustre un mode de transmission informel qui complète, sans nécessairement remplacer, les protocoles de formation structurés. Du Daodong a formulé l'objectif de l'équipe en ces termes : "Nous souhaitons non seulement soulager les souffrances des patients, mais aussi contribuer, par le partage de notre savoir-faire et l'accompagnement de nos collègues, à l'amélioration continue des compétences du personnel médical local." Cette déclaration, portée par le chef de mission, définit un mandat qui va au-delà du soin immédiat et inclut explicitement un volet de renforcement des capacités locales. Au quotidien, l'équipe organise des discussions autour de cas cliniques, fournit un appui technique et partage son expérience avec les soignants seychellois. Dans le service d'imagerie médicale, Fu Hongyan, membre de la 20e équipe, examine des images à l'écran tout en discutant du diagnostic et des options thérapeutiques avec ses collègues seychellois. Ce travail collectif, répété examen après examen, constitue le tissu concret de cette coopération. Ce que quarante ans de présence médicale chinoise aux Seychelles ont construit reste cependant difficile à mesurer de l'extérieur. Les indicateurs de santé publique du pays, l'évolution du nombre de spécialistes formés localement, ou encore le volume de procédures qui ne peuvent toujours pas être réalisées sans expertise étrangère ne sont pas détaillés dans les sources disponibles. Après le départ des membres de la 20e équipe, la question de savoir si les compétences transmises s'enracineront durablement dans le système de santé seychellois attend toujours une réponse documentée.