26 août 2026 · Zanele Mtshali
PSG Financial Services quitte la Bourse de Maurice : ce que cela coûte vraiment aux épargn
Le départ de PSG expose le faible volume des échanges à la bourse mauricienne.
Le 31 août, à la clôture des échanges, PSG Financial Services cessera d'être coté à la Stock Exchange of Mauritius, où le groupe sud-africain était présent depuis novembre 2018. L'avis de retrait, sobre dans sa formulation, a retenu l'attention des observateurs du marché mauricien. La décision est actée. Ce qui mérite examen, c'est la chaîne de raisons qui l'a rendue inévitable, et ce qu'elle révèle sur l'état d'un marché financier censé servir l'épargne locale.
L'explication fournie par PSG ne contient pas d'ambiguïté. Le groupe a indiqué que le maintien d'une cotation à Maurice, caractérisée par une absence d'activité de négociation, procure des avantages limités à la compagnie comme à ses actionnaires, tout en générant des obligations réglementaires, administratives et de conformité dont le coût n'est pas compensé par un quelconque retour. PSG conserve ses cotations à Johannesburg et en Namibie, marchés sur lesquels le volume d'échanges justifie la présence. À Maurice, ce rapport coût-bénéfice ne tient plus.
Ce calcul, aussi rationnel qu'il soit du point de vue d'une entreprise internationale, traduit une réalité documentée par les praticiens du secteur. Un spécialiste de l'investissement consulté sur ce dossier a décrit le départ de PSG comme une forme de "negative publicity" pour la place boursière locale. Selon lui, le signal envoyé par ce retrait est lisible : "Une compagnie internationale et régionale qui se retire, cela montre peut-être qu'il y a des problèmes au niveau de la Bourse : trop peu de trading, un manque de liquidité. Donc ils ne trouvent pas de grands bénéfices à rester à Maurice." Ce constat, formulé par un professionnel du secteur, rejoint mot pour mot la justification avancée par PSG elle-même.
La mécanique concrète qui frappe les épargnants ordinaires mérite qu'on s'y arrête. La faible liquidité d'un marché n'est pas seulement une mesure technique réservée aux analystes. Elle signifie, pour quiconque possède quelques titres, qu'une transaction d'achat ou de vente peut modifier les prix faute de contreparties suffisantes. À cela s'ajoutent des frais de courtage qui, selon le même spécialiste, peuvent atteindre 1,25 % à Maurice. Des négociations permettent parfois de ramener ce taux à 0,9 % ou 0,8 %, mais, comme le note ce professionnel, "cela reste toujours élevé par rapport aux autres pays." La comparaison avec les plateformes de trading en ligne étrangères, où les coûts ont été substantiellement réduits au cours des dernières années, accentue l'écart ressenti par les ménages mauriciens cherchant à faire travailler leur épargne.
La performance du marché local ajoute un élément chiffré à ce tableau. À fin juillet, le SEMDEX accusait une baisse d'environ 4 % depuis le début de l'année civile. Sur la même période, le MSCI All Country World Index progressait de plus de 11,3 % en dollars. Cet écart de performance constitue un argument que l'épargnant mauricien est en droit de prendre en compte lorsqu'il décide où orienter ses économies.
Du côté des contraintes opérationnelles imposées aux sociétés cotées, le spécialiste détaille un ensemble d'obligations dont le cumul finit par peser lourd pour un groupe dont la présence locale ne génère pas de revenus proportionnels. La publication de comptes, les procédures de connaissance du client (KYC), la désignation d'un secrétaire de société, la conformité permanente aux règles de cotation : autant d'exigences qui représentent, selon ce professionnel, les postes où "les coûts deviennent un peu plus élevés, surtout si l'entité ne dégage pas de bénéfices en retour."
Face à ce diagnostic, le même spécialiste se refuse à désigner un seul responsable. Il précise explicitement que "la SEM n'est pas directement responsable de ces problèmes" et appelle à une action collective impliquant trois institutions : la Stock Exchange of Mauritius elle-même, la Financial Services Commission et le ministère des Services financiers. Le levier qu'il juge prioritaire est d'ordre pédagogique et touche directement les ménages. Des campagnes d'éducation financière à destination du grand public pourraient, en augmentant le nombre d'investisseurs locaux, générer davantage de transactions et améliorer la liquidité du marché. "Ainsi, lorsque la population sera au courant, il y aura davantage d'intérêt et de transactions sur le marché", a-t-il indiqué. Ce raisonnement suppose que le problème de liquidité est, au moins en partie, un problème de demande insuffisante, elle-même liée à un déficit d'information et de culture financière parmi les épargnants.
Une analyse complémentaire de cette situation est disponible dans les colonnes du Mauricien à l'adresse suivante : https://www.lemauricien.com/le-mauricien/economie-psg-quitte-la-bourse-de-maurice/715906/
Ce que ce retrait laisse ouvert, c'est la question de la responsabilité concrète et du calendrier. La SEM, la Financial Services Commission et le ministère des Services financiers sont identifiés comme les acteurs capables d'agir, mais aucune de ces trois institutions n'a, à ce stade, rendu publique une initiative coordonnée en réponse au départ de PSG. L'épargnant mauricien attend de savoir laquelle de ces autorités prendra la première mesure vérifiable pour réduire les coûts de transaction, améliorer la liquidité et rendre la place boursière locale suffisamment attractive pour retenir les cotants internationaux qui évaluent encore l'option d'y rester.