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22 août 2026

Affaire classée sans conditions : le NPA abandonne les poursuites contre sept hauts respon

Sept hauts fonctionnaires de police définitivement hors de cause, sans aucune contrepartie exigée par le parquet.

Pretoria, palais de justice des magistrats, un vendredi. Le dossier avait été ouvert en juin 2025, date à laquelle sept hauts responsables de la police et du renseignement criminel avaient été arrêtés et inculpés. Il s'est refermé sans conditions, sans contreparties négociées, sans possibilité pour l'État de rouvrir les poursuites à une date ultérieure. C'est précisément ce caractère inconditionnel du retrait des charges qui mérite attention, car il prive le National Prosecuting Authority de tout recours futur contre les sept fonctionnaires concernés. Le brigadier Dineo Mokwele, le lieutenant-général Dumisani Khumalo, chef du renseignement criminel, les majors-généraux Philani Lushaba, Nosipho Precious Madondo, Josias Lekalaka et Zwelithini Gabela, ainsi que le brigadier Phindile Ncube étaient tous présents au tribunal ce vendredi lorsque le NPA a formellement abandonné l'ensemble des charges qui pesaient sur eux. Un retrait conditionnel aurait conservé à l'État la faculté de relancer les procédures. Celui-ci n'a rien préservé de tel. Pour l'ensemble des sept mis en cause, la rupture avec la procédure pénale est totale. Pour comprendre ce dénouement, il faut revenir aux éléments qui ont progressivement fragilisé l'édifice de l'accusation. L'enquête avait été conduite dans un contexte déjà contesté, et les auditions menées devant la Commission Madlanga ont exposé plusieurs anomalies dans la manière dont elle avait été initiée et instruite. Le témoin Drushantha Ramsamy a déclaré devant cette commission que l'ancienne responsable de l'IDAC, l'avocate Andrea Johnson, avait personnellement dirigé une opération désignée sous le nom de code "Project Diversion". Selon les affirmations de Ramsamy, cette opération visait spécifiquement à exposer le lieutenant-général Khumalo et le commissaire national de la police suspendu, Fannie Masemola, à des poursuites pénales. Le témoignage de Ramsamy ne s'est pas arrêté là. Il a également affirmé que des enquêteurs avaient reçu l'instruction de "le laisser mentir", en référence à Masemola et à sa déposition parlementaire, une directive qui, si elle se confirme, aurait eu pour effet de fabriquer de toutes pièces des motifs d'inculpation pour parjure. Ce type d'allégation, si elle était établie, toucherait directement à l'usage des ressources publiques affectées au renseignement et à la conduite des enquêtes pénales de l'État. D'autres éléments recueillis devant la Commission Madlanga ont porté sur les conditions d'élaboration des demandes d'investigation concernant Mokwele. Selon ces témoignages, certaines de ces demandes auraient été faussement attribuées à Ramsamy, et il aurait été procédé à leur antidatage ou à leur traitement après que les arrestations avaient déjà eu lieu. Des questions ont également émergé au sujet des procédures de gestion du renseignement et d'allégations selon lesquelles des efforts auraient été déployés pour éviter de laisser des traces électroniques des décisions prises. La Commission Madlanga n'a pas encore publié de conclusions formelles sur aucun de ces faits. Les allégations demeurent, à ce stade, des allégations. À l'extérieur du tribunal, Mokwele a pris la parole pour évoquer les conséquences concrètes que ces mois de procédure avaient produites sur sa vie. Elle a décrit une période qui avait disloqué sa carrière, ses relations familiales et sa stabilité financière. La nuit passée en détention, le transport en fourgon cellulaire, l'exposition publique : autant d'épreuves qu'elle a dit ne souhaiter à personne. "J'ai rejoint la fonction publique en croyant que mes compétences et mon expérience pouvaient contribuer à l'Afrique du Sud," a-t-elle déclaré. "Au lieu de cela, je me suis retrouvée arrêtée, poursuivie et décrite publiquement d'une manière que j'affirme être profondément incompatible avec ce que je suis et avec la vie que j'avais construite." La décision du NPA, a-t-elle reconnu elle-même, ne saurait effacer ce qui s'est produit. "Elle n'annule pas tout ce qui s'est passé," a-t-elle dit. "Cependant, elle me donne la liberté de commencer à reconstruire ma vie sans l'incertitude d'une poursuite judiciaire suspendue au-dessus de moi." Elle a qualifié ce jour de première véritable occasion, depuis des mois, de recomposer ses circonstances. Mokwele a remercié le lieutenant-général Nhlanhla Mkhwanazi, sa famille ainsi que ses représentants légaux, James Ndebele et l'avocat Phelo Mahlati-Mbanga. Elle a également salué le travail accompli par la Commission Madlanga dans l'intérêt public. Concernant les suites éventuelles qu'elle pourrait donner à son expérience, elle a indiqué qu'elle s'en remettrait aux voies judiciaires appropriées plutôt que de traiter ses différends par voie médiatique. Ce qui reste en suspens, c'est la question des suites institutionnelles. Les conclusions que la Commission Madlanga pourrait formuler sur la conduite des enquêteurs, la réalité du "Project Diversion" et les allégations d'antidatage ou d'évitement des traces électroniques pourraient encore produire des effets sur les structures publiques concernées. Ces conclusions n'ont pas encore été rendues. Leur portée éventuelle sur l'appareil du renseignement criminel de l'État constitue, à ce stade, la prochaine étape vérifiable de cette affaire.